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| A 58 ans, Giuseppe Barrile ouvre une retoucherie au 44 Route de Mittelhausbergen. Photo: M.D. |
Ancien chauffeur de bus, jeune retraité et habitant de Koenigshoffen, Giuseppe Barrile s'installe à Cronenbourg comme couturier dans dix jours. Plus qu'un nouveau départ, un retour aux sources.
La future retoucherie du 44 route de Mittelhausbergen est en plein chantier. A l'intérieur, des outils épars, de la poussière et des machines à coudre sous d'épais plastiques... Giuseppe Barrile est en plein travail avant l'ouverture de son atelier, le 2 novembre. A 58 ans, dont trois mois passés à la retraite, cet Italien, arrivé en Alsace à l'âge de cinq ans, se met à son compte pour la première fois.
"Rester dans le coup"
Pendant près de 35 ans, il a conduit les bus de la CTS. Depuis un an, c'est dans son local cronenbourgeois que Giuseppe Barrile s'épanouit. Il trouve le temps d'y "bricoler", ou plutôt d'y travailler d'arrache-pied: "J'ai mis du parquet à la place du carrelage, du crépis au mur. J'ai aussi changé la plomberie, l'électricité et le plafond." Même les sanitaires ont eu le droit à une remise à neuf. Difficile d'imaginer qu'ici, avant son installation, se trouvait une épicerie orientale. "Je cherchais un local d'une trentaine de mètres carrés pas trop cher. C'est ce que j'ai trouvé de mieux mais il fallait tout refaire", explique-t-il. Son arrivée à Cronenbourg relève donc du concours de circonstance. Il ne connaît pas le quartier, encore moins ses habitants, à part quelques résidents du 44 route de Mittelhausbergen. Si ce jeune retraité reprend du service, c'est parce qu'il se dit "incapable de rester chez (lui) à regarder la télé... J'ai envie de rester dans le coup, de garder un lien avec les gens", clame-t-il.
Connaître les habitants
Il troque donc le volant du bus pour le fil à coudre. Un objet qu'il a longtemps manipulé : "J'ai fait mon apprentissage comme couturier à l'âge de treize ans au Port du Rhin puis j'ai travaillé à Neudorf environ dix ans", raconte-t-il à grand renfort de gestes. Giuseppe Barrile reste très attaché à cette partie de sa vie : "Je suis devenu chauffeur de bus parce que je gagnais deux fois plus que dans le textile. Mais mon vrai métier c'est la couture".
Dans dix jours, il prendra la route quotidiennement entre Koenigshoffen, où il vit, et Cronenbourg pour faire tourner sa boutique. Mais seulement les après-midis. "Je n'ai pas envie de me lever à sept heures du matin comme je l'ai fait toute ma vie", confie-t-il. Sauf peut-être les deux premières semaines afin de se faire connaître des habitants. Avant d'accueillir ses premiers clients, Giuseppe Barrile va devoir retrouver la dextérité de ses débuts. Mais pour lui, pas d'inquiétude: "C'est comme la voiture, ça ne s'oublie pas".

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